Se préparer à allaiter

Préparation commerciale pour nourrissons: oui ou non? (partie 1)

Les premiers jours de vie d’un nouveau-né, encore plus s’il s’agit d’un premier bébé, sont rarement faciles et font souvent l’objet de stress et de questionnements chez les nouveaux parents.

On se retrouve avec ce petit être qui dépend entièrement de nous: toute qu’une responsabilité!

Même si vous désirez allaiter, il se peut que vous vous fassiez proposer, ou que vous songiez vous-même, à donner un peu de préparation commerciale pour nourrissons (PCN) à votre bébé à un moment donné. Parce qu’il risque d’être en hypoglycémie. Parce qu’il ne reprend pas suffisamment de poids. Parce qu’il ne parvient pas à prendre le sein. Pour toute autre raison.

Vous hésitez, parce que vous ne voulez pas nuire à votre allaitement, mais en même temps votre bébé pleure et vous ne voulez surtout pas qu’il manque de rien.

Pour vous aider à prendre votre décision, voici des éléments à prendre en considération.

La préparation, ce n’est pas du poison

D’une part, mettons quelque chose au clair dès le départ: les préparations commerciales pour nourrissons, ce n’est pas un produit toxique! Elles peuvent être nécessaires pour la santé de bébé, et elles peuvent même sauver des allaitements!

Ainsi, si la condition médicale de votre bébé le requiert, ou encore si votre cœur de mère vous dit d’en offrir à bébé, donnez-en et ne culpabilisez pas avec cela!

Allaiter et donner du complément: comprendre l’impact

Si on revient à la base, il faut faire sortir du lait de nos seins pour mettre en marche l’allaitement. Ce lait, il n’apparaît pas comme par magie: il faut le faire arriver.

Comment on y parvient? Principalement en multipliant les mises au sein efficaces.

Ainsi, si on donne de la PCN à bébé, plutôt que d’être au sein en train de faire son travail de bébé (soit faire arriver votre lait), il dort paisiblement, le ventre bien plein.

Il n’y a donc pas de signal qui est envoyé à votre cerveau comme quoi on a un bébé bien vivant qui attend impatiemment le lait de sa maman!

Vos seins n’étant pas adéquatement stimulés, votre montée de lait risque de prendre plus de temps à arriver. Les tétées étant plus espacées, votre production, plutôt que d’être « boostée », se verra diminuée.

Pas l’idéal pour commencer, n’est-ce pas?

Bébé pleure constamment: il a faim!

D’abord, on a tendance à associer très (trop!) rapidement les pleurs de bébé à sa faim.

La naissance est, pour un bébé, un énorme bouleversement. Il se retrouve dans un environnement complètement différent d’où il s’est trouvé au cours des neuf derniers mois. Il est exposé à des bruits, à de la lumière: il a besoin de temps pour s’adapter à sa «nouvelle» vie.

Vous savez, à la fin de votre grossesse, il pouvait téter et avaler aussi souvent qu’il le souhaitait.

Ainsi, un bébé qui demande de la proximité et à téter souvent n’est pas nécessairement un bébé affamé. Il cherche seulement à reproduire ce qu’il connaît.

Un nouveau-né qui pleure avec vigueur, qui tète ou qui cherche ne manque pas d’énergie. Il démontre plutôt qu’il en a.

Le colostrum: première nourriture de bébé

La montée de lait survient normalement dans les 2 à 5 jours après l’accouchement. Est-ce dire que bébé ne boira rien jusqu’à son arrivée?

Bien sûr que non. Avant l’arrivée du lait, notre corps produit du colostrum, un liquide jaunâtre et épais très nutritif pour bébé.

Vous savez, dans les premiers jours, la grosseur de l’estomac de bébé passe d’une cerise, à une noix, à un abricot, pour être environ de la grosseur d’un oeuf à 7 jours de vie. Il n’a donc pas besoin de beaucoup!

C’est en mettant bébé au sein 8 à 12 fois par 24h, dès qu’il présente des signes de faim, que l’on envoie le message à notre corps de libérer notre lait au plus vite!

Quand est-il nécessaire de complémenter?

Le but ultime de l’allaitement est d’assurer un apport calorique suffisant à bébé avec le lait maternel.

Dans certains cas, le lait maternel ne suffit pas et il faut se rendre à l’évidence que bébé a besoin de plus.

On peut devoir compléter pour une période temporaire, il ne faut pas se décourager et penser que l’on ne pourra pas allaiter!

Parmi les situations nécessitant de supplémenter, on peut penser à:

** Ceci est à titre indicatif seulement et n’est pas une liste exhaustive. Veuillez vous référer au personnel médical qui vous accompagne **

  • Un bébé qui perd encore du poids après 5 jours de vie;
  • Un bébé dont les selles sont encore au méconium après 5 jours de vie;
  • Un bébé dont l’urine est foncée ou comporte des cristaux d’urate après 2 jours de vie;
  • Un bébé qui a perdu plus de 10% de son poids de naissance et qui ne l’a toujours pas retrouvé après 3 semaines de vie.

Sachez qu’il est normal qu’un bébé perde jusqu’à 10% de son poids de naissance. On vise à ce qu’il l’ait repris dans les 10 à 12 jours post-partum, mais certains bébés peuvent prendre jusqu’à 3 semaines avant de le retrouver.

  • Un bébé que l’on n’entend pas avaler régulièrement pendant les tétées;
  • Absence de montée laiteuse;
  • Très petit poids de naissance;
  • Prématurité;
  • Risque d’hypoglycémie;
  • Un bébé qui ne prend pas minimalement 20g par jour entre 0 et 3 mois;

Prochain article : Comment complémenter pour préserver votre allaitement (à venir)

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