Le présent article a pour but de vous informer sur l’impact de l’accouchement sur l’initiation de l’allaitement.

Avant de débuter, je tiens à rappeler à toutes que l’on ne contrôle pas tout. Vous pouvez savoir comment vous souhaitez accoucher, mais tant que le moment n’est pas venu, vous ne pouvez être certaines que cela se passera comme dans vos rêves. Il ne faut donc pas se culpabiliser si cela ne s’est pas passé comme vous le vouliez, et garder en tête que vous pourrez sans aucun doute allaiter votre bébé si c’est ce que vous souhaitez!

Le déclenchement

La plupart des femmes sont «au bout du rouleau» en fin de grossesse! Nous avons hâte d’accoucher et de retrouver notre capacité à attacher nos souliers.

Pour certaines, le déclenchement est une option, pour d’autres une obligation, par exemple si bébé passe terme.

Il existe plusieurs façons pour provoquer le début du travail. Je traiterai de deux cas dont nous entendons souvent parler.

  • Le décollement des membranes, mieux connu sous le nom de «stripping», consiste à stimuler l’orifice du col de l’utérus avec un doigt. C’est un peu douloureux, mais tolérable. Si le stripping fonctionne, le travail débuterait dans les 24 à 48h suivant l’intervention. Le hic est que son pourcentage de réussite n’est pas très élevé et qu’il peut déclencher seulement du faux travail, ce qui fatigue la femme inutilement. Toutefois, à mon avis, vaut mieux tenter un stripping avant de se rendre à un déclenchement plus artificiel (injection d’ocytocine).

 

  • La stimulation artificielle du travail par injection d’ocytocine artificielle a un impact considérable sur les débuts de l’allaitement. Effectivement, lorsque la femme reçoit l’injection, cela bloque automatiquement l’éjection naturelle de son propre ocytocine, hormone nécessaire à la sécrétion du lait. La montée laiteuse est donc retardée, ce qui n’est pas souhaitable pour faciliter les débuts.

De plus, cette injection médicamenteuse provoque des contractions plus violentes que les contractions naturelles. Elle peut ainsi causer une augmentation de la pression sur la tête du bébé et occasionner des problèmes crâniens, qui eux pourraient être la sources de difficulté à téter. Enfin, étant donné que les contractions sont plus douloureuses, cette intervention peut en entraîner une cascade que l’on souhaite pouvoir éviter (ex : augmente les chances de devoir utiliser les forceps ou la ventouse, d’avoir recours à la péridurale, pour ne nommer que ceux-ci.)

La péridurale

Les statistiques parlent d’elles-mêmes : au Québec, 70% des femmes accouchent avec l’aide d’une péridurale.  C’est énorme! Les femmes connaissent-elles bien les méfaits de cette intervention avant de s’y prêter? Comme je le disais au début, il va sans dire que certains accouchements peuvent la nécessiter, mais 70%….permettez-moi d’en douter.

La péridurale consiste en l’injection d’un médicament anesthésiant, faisant ainsi disparaître la douleur des contractions.

Étant enceinte, nous savons que tout ce que nous avalons se rend à bébé n’est-ce pas? C’est la même chose pour ce qui passe dans nos veines. Le médicament injecté passe la barrière placentaire et se rend à votre quasi nouveau-né, créant ainsi de la somnolence chez ce dernier. Il est donc beaucoup moins alerte lorsqu’il est déposé sur votre ventre; ses capacités à ramper, sentir et prendre le sein dans les premières heures de vie sont réduites. Une étude a même conclu qu’il existe une différence notable entre un bébé né sans médicament versus un bébé avec médicament et ce jusqu’à 6 jours de vie. Pensez-y! Les premiers jours sont cruciaux pour l’allaitement!

Il est également à noter que la péridurale augmente les chances de se rendre en césarienne.

La césarienne

La césarienne est une chirurgie majeure, bien qu’elle soit banalisée par le milieu. Elle est en hausse année après année selon les statistiques. Entre 2004 et 2006 à Québec, 23% des femmes accouchaient par césarienne.

Cette intervention comporte de nombreux inconvénients autant pour la femme que pour le bébé et ainsi, pour l’allaitement :

  • Effets négatifs de la péridurale applicables, car la césarienne se fait généralement sous péridurale;
  • Retard de la montée laiteuse puisque l’ocytocine de la mère n’est pas sécrétée automatiquement comme lors d’un accouchement naturel;
  • Douleur pour la mère suite à l’intervention et mobilité réduite;
  • Possibilité de complications suite à l’intervention;
  • Bébé régulièrement séparé de la mère suite à la naissance (peau-à-peau avec la mère et première tétée dans les deux heures peut être compromis)
  • Bébé étant retiré manuellement, en tirant sur sa tête et sur sa mâchoire, cela peut lui occasionner des déplacements au niveau de son ossature et ainsi rendre plus difficile pour lui la prise du sein;

Encore une fois je le répète, je suis convaincue que certaines césariennes sont nécessaires. Mais je suis encore plus convaincue que certaines sont évitables.