On les traite souvent comme deux choses bien distinctes: on se renseigne sur l’accouchement, puis on se renseigne sur l’allaitement.

Pourtant, l’une ne va pas sans l’autre et la façon dont se déroulera votre accouchement aura un impact sur votre allaitement.

En sachant comment les interventions obstétricales peuvent influencer les débuts de l’allaitement, vous serez mieux outillée pour amorcer votre pratique en fonction de votre situation.

*Avant de débuter, je tiens à rappeler à toutes que l’on ne contrôle pas tout. Vous pouvez savoir comment vous souhaitez accoucher, mais tant que le moment n’est pas venu, vous ne pouvez être certaines que cela se passera comme dans vos rêves.

J’applaudis autant la mère qui accouche naturellement que sous péridurale, que cette intervention ait été demandée d’emblée ou médicalement nécessaire. Accoucher, on va se le dire, c’est un exploit en soi, peu importe la façon (césarienne inclue!)

Il ne faut donc pas se culpabiliser si cela ne s’est pas passé comme vous le vouliez, et garder en tête que vous pourrez sans aucun doute allaiter votre bébé si c’est ce que vous souhaitez!

Le déclenchement

La plupart des femmes sont «au bout du rouleau» en fin de grossesse! Nous avons hâte d’accoucher et de retrouver notre capacité à attacher nos souliers.

Pour certaines, le déclenchement est une option, pour d’autres une obligation, par exemple si bébé passe terme.

Il existe plusieurs façons pour provoquer le début du travail. Je traiterai des options dont nous entendons souvent parler.

Le décollement des membranes (stripping)

Il consiste à décoller la membrane du sac amniotique de la paroi de l’utérus.

Si le stripping fonctionne, le travail débuterait dans les 24 à 48h suivant l’intervention.

Le hic est que son pourcentage de réussite n’est pas très élevé et qu’il peut déclencher seulement du faux travail, ce qui fatigue la femme inutilement.

Toutefois, et c’est mon avis bien personnel: le stripping est une manipulation beaucoup moins  »intrusive » et plus  »naturelle » que d’autres méthodes pour déclencher le travail.  Elle risque d’avoir moins d’impact qu’un déclenchement par injection d’ocytocine, par exemple.

La rupture de la poche des eaux

En procédant à une rupture artificielle des membranes, on espère que les contractions se déclenchent d’elles-mêmes par la suite et que le travail débute.

L’impact que peut avoir une rupture de la poche des eaux est qu’une fois que celle-ci est crevée, les contractions sont souvent plus intenses, plus douloureuses. Les femmes sont donc plus susceptibles d’avoir recours à la péridurale, dont vous trouverez les effets ci-dessous.

Stimulation du col avec hormones

Cette façon d’induire le travail n’a pas vraiment d’impact sur l’initiation de l’allaitement.

Stimulation par injection d’ocytocine

La stimulation du travail par injection d’ocytocine artificielle a un impact considérable sur les débuts de l’allaitement (encore une fois, cela ne veut pas dire que vous ne pourrez pas allaiter! C’est seulement que votre départ peut être un peu plus compliqué).

Effectivement, en recevant de l’ocytocine synthétique, cela bloque automatiquement l’éjection naturelle de la propre ocytocine de la mère, hormone nécessaire à la sécrétion du lait.

La montée laiteuse est donc retardée, ce qui est susceptible de compliquer les débuts.

De plus, cette injection médicamenteuse provoque des contractions plus intenses que les contractions naturelles.

Elle peut ainsi causer une augmentation de la pression sur la tête du bébé, qui pourrait être la source de difficulté à téter.

Enfin, étant donné que les contractions sont plus douloureuses, cette intervention peut entraîner une cascade d’interventions que l’on souhaite pouvoir éviter (ex : augmente les chances de devoir utiliser les forceps ou la ventouse, d’avoir recours à la péridurale, ect.)

La péridurale

Au Québec, 70% des femmes accouchent sous péridurale. La péridurale consiste en consiste en l’injection d’un médicament anesthésiant faisant disparaître la douleur des contractions.

Les médicaments injectés lors de cette intervention traversent la barrière placentaire et bébé y est exposé.

Ainsi, selon le dosage et la durée que vous serez sous anesthésie, la séquence comportementale que l’on s’attend à voir chez un nouveau-né après un accouchement pourrait être modifiée. On remarque souvent que les réflexes de fouissement (cherche le sein) et de succion sont moins forts, il peut être plus endormi et avoir plus de difficulté à prendre le sein.

Puisque la péridurale est fréquemment demandée, un accompagnement postnatal plus étroit devrait être mis en place: rassurer la mère quant au comportement de son bébé, lui donner les bons outils pour faciliter le départ et ainsi éviter une perte de confiance.

La péridurale n’est aucunement un frein à l’allaitement! Mais il faut connaître ses effets pour savoir leur faire face.

Il est également à noter que la péridurale augmente les chances de se rendre en césarienne.

La césarienne

Je vous invite à consulter mon article complet sur les débuts de l’allaitement suite à une césarienne.